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Le style à l’italienne ou l’art de vivre suranné

Je vous écris d’Italie. J’avais pris mon ordinateur pour bosser un peu pendant ces vacances et je m’étais promis d’écrire un ou deux articles pour Le Journal. Mais force est de constater que je me suis mise à l’heure italienne bien plus rapidement que prévu. La dolce vita, me direz-vous… Je suis partie sans sujet d’article bien défini, mais finalement, comment être ici et ne pas parler du style à l’italienne ? Pas seulement dans la déco. Pas seulement dans les fringues. Mais dans l’art de vivre en général. Parce qu’il n’y a finalement rien de plus stéréotypé que l’Italie. Quand on pense à l’Italie, on voit immédiatement les Vespa, les murs ocres un peu défraîchis, les persiennes vertes, les cuisines ouvertes sur la rue avec les nonna qui préparent les pasta, le linge qui sèche aux fenêtres. On entend le brouhaha permanent, les Italiens qui parlent fort (vraiment fort) et avec les mains (vraiment avec les mains), les enfants qui jouent dehors jusque tard dans la nuit. On pense aux pizzas, aux focacce, aux spritz, aux cappuccinos et à peu près à tout ce que la gourmandise peut nous offrir.         On imagine les déjeuners qui s’éternisent, les heures à rallonge, les siestes interminables et cette façon assez merveilleuse de ne jamais avoir l’air vraiment pressé. Eh bien, tout cela est vrai. Ce n’est pas une image surannée de l’Italie que l’on aurait piquée dans un film des années 50 avec Sophia Loren ou Aldo Maccione. C’est l’Italie d’hier, mais c’est aussi celle d’aujourd’hui. Rien, ou presque, n’a changé. Et pour quelqu’un comme moi qui aime autant le passé, les objets qui ont vécu, les maisons qui ont une âme, les habitudes que l’on garde et les choses que l’on ne juge pas nécessaire de moderniser, l’Italie est la quintessence de ce que j’aime. Je suis pourtant censée vous parler de déco, de chine, d’arts de la table. J’aurais pu vous écrire un article très sérieux sur la céramique italienne des années 60, les verres colorés, les nappes à carreaux ou le mobilier radical italien. Mais je me suis mise à l’heure locale. J’entame mon cinquième livre. On se réveille de plus en plus tard. Je prends mon café (serré, évidemment) en regardant, toujours aussi émerveillée, cette campagne italienne habillée de cyprès et d’oliviers centenaires, et je laisse mon esprit divaguer avec une nonchalance que je ne me connaissais pas vraiment. On va se baigner dans la rivière, dans un joli spot que l’on a trouvé et que l’on s’imagine secret, comme si nous étions devenus, en quelques jours, des Italiens. Des vrais. Alors promis, je vais tout de même essayer de revenir avec quelques jolies pépites. De belles trouvailles dénichées ici et là, entre deux cafés et une gelato. D’ailleurs, vous avez envie de quoi ? De la vaisselle ? De la céramique ? Des verres ? Des objets un peu improbables comme je les aime ? En attendant, je vous laisse. On part déguster de merveilleuses focacce en parlant un peu plus fort que d’habitude. Ciao a tutti les amis   .      

Métal argenté, inox, laiton : pourquoi reviennent-ils en force ?

Il y a encore quelques années, le métal argenté dormait dans les buffets de famille, l’inox évoquait surtout les cuisines professionnelles, et le laiton avait parfois mauvaise réputation : trop brillant, trop doré, trop “trop ». Et puis, comme souvent, notre œil a changé ; il a suffi de les regarder autrement. Aujourd’hui, ces matières reviennent en force parce qu’elles apportent exactement ce qui manque parfois aux intérieurs trop sages : de la lumière, du relief, du contraste, bref un éclat. Le métal argenté, l’inox, le laiton ont ce côté moderne avant l’heure. Ils étaient déjà là dans les intérieurs du XXe siècle, dans les bars, les hôtels, les tables élégantes, les appartements un peu seventies où tout semblait plus libre, plus assumé, plus sexy. Oui, sexy. Une coupe en métal argenté, un seau à champagne, un plateau en inox, une lampe en laiton… ce n’est pas seulement décoratif. Ça a une présence. Ces matières accrochent la lumière. Elles réveillent une table en bois, une nappe blanche, cassent le côté trop doux d’un intérieur, donnent du caractère à une étagère. Elles fonctionnent très bien avec le lin, la céramique, le marbre, les verres anciens. Bref, avec tout ce qui évite à une maison de ressembler à une page de catalogue trop bien élevée. Le secret, comme souvent, c’est le dosage. Un plateau en métal argenté sur une table basse, c’est chic. Dix objets brillants alignés, ça ressemble plutôt à un rayon trophées de golf. Un bougeoir en laiton, c’est chaleureux. Trop de laiton partout, et l’intérieur commence à négocier avec Versailles. Ce que j’aime dans ces matières, c’est qu’elles ne cherchent pas à être discrètes. Elles assument. Elles apportent ce petit supplément d’allure qu’un objet neuf peine souvent à avoir. Je les aime justement pour cela : parce qu’elles font le lien entre la fonctionnalité et le décor. Un beurrier, une coupe, un plat, un compotier peuvent être utiles, beaux, et même un peu insolents. Métal argenté, inox, laiton : ils ne reviennent pas par nostalgie. Ils reviennent parce qu’ils étaient déjà modernes.

PATINE OU DÉFAUT ? APPRENDRE À REGARDER LES OBJETS AUTREMENT

Quand on aime les objets anciens, il faut apprendre à les regarder. Une rayure, une trace, une petite irrégularité, une couleur qui a légèrement passé… Est-ce un défaut ? Ou est-ce précisément ce qui fait le charme d’une pièce ?

COMMENT NETTOYER SON ARGENTERIE FACILEMENT

Il y a des recettes qu’on garderait bien pour soi. Mais puisque j’aime le partage, les objets anciens et l’argenterie en particulier, je me dois de vous livrer ma petite astuce. Une recette de placard, littéralement. Car pour nettoyer son argenterie ou son métal argenté,

UNE TABLE VIVANTE : LE GOÛT DU MÉLANGE

Une belle table ne doit pas être parfaite. Elle doit avoir du charme, du style, du caractère. Bref, elle doit vous ressembler.

LA TERRE DE FER

Avec la terre de fer, il existe autant de modèles, de motifs, de couleurs différents que de bulles dans une coupe de champagne, c’est vous dire !

LA BARBOTINE : KITSCH OU DÉSIRABLE ?

Un citron bien jaune, une assiette chou, un pichet canard, une feuille vernissée… La barbotine vintage a ce petit quelque chose d’excessif qui la rend immédiatement attachante, drôle, joyeuse

POURQUOI LE ROTIN N’A JAMAIS DISPARU

Le rotin fonctionne parce qu’il se marie avec presque tout : une céramique ancienne, des verres chinés, un coussin graphique, un bouquet d’eucalyptus, quelques citrons posés là. Il donne de la chaleur sans alourdir, du charme sans trop en faire.

LA CHAISE CESCA DE MARCEL BREUER

La petite robe noire du mobilier vintage ! Celle qui se faufile dans n’importe quel intérieur, n’importe quelle pièce et n’importe quel style. Celle que l’on ne présente plus. L’indémodable, l’intemporelle Cesca.