Il y a encore quelques années, le métal argenté dormait dans les buffets de famille, l’inox évoquait surtout les cuisines professionnelles, et le laiton avait parfois mauvaise réputation : trop brillant, trop doré, trop “trop ».
Et puis, comme souvent, notre œil a changé ; il a suffi de les regarder autrement.
Aujourd’hui, ces matières reviennent en force parce qu’elles apportent exactement ce qui manque parfois aux intérieurs trop sages : de la lumière, du relief, du contraste, bref un éclat. 
Le métal argenté, l’inox, le laiton ont ce côté moderne avant l’heure. Ils étaient déjà là dans les intérieurs du XXe siècle, dans les bars, les hôtels, les tables élégantes, les appartements un peu seventies où tout semblait plus libre, plus assumé, plus sexy. Oui, sexy. Une coupe en métal argenté, un seau à champagne, un plateau en inox, une lampe en laiton… ce n’est pas seulement décoratif. Ça a une présence.
Ces matières accrochent la lumière. Elles réveillent une table en bois, une nappe blanche, cassent le côté trop doux d’un intérieur, donnent du caractère à une étagère. Elles fonctionnent très bien avec le lin, la céramique, le marbre, les verres anciens. Bref, avec tout ce qui évite à une maison de ressembler à une page de catalogue trop bien élevée.
Le secret, comme souvent, c’est le dosage.
Un plateau en métal argenté sur une table basse, c’est chic. Dix objets brillants alignés, ça ressemble plutôt à un rayon trophées de golf. Un bougeoir en laiton, c’est chaleureux. Trop de laiton partout, et l’intérieur commence à négocier avec Versailles.
Ce que j’aime dans ces matières, c’est qu’elles ne cherchent pas à être discrètes. Elles assument. Elles apportent ce petit supplément d’allure qu’un objet neuf peine souvent à avoir.
Je les aime justement pour cela : parce qu’elles font le lien entre la fonctionnalité et le décor. Un beurrier, une coupe, un plat, un compotier peuvent être utiles, beaux, et même un peu insolents.
Métal argenté, inox, laiton : ils ne reviennent pas par nostalgie.
Ils reviennent parce qu’ils étaient déjà modernes.

