LA BARBOTINE : KITSCH OU DÉSIRABLE ?

Longtemps, la barbotine a été rangée dans la catégorie “vaisselle de buffet”, entre la soupière oubliée et le pichet poussiéreux avec ce je-ne-sais-quoi de ringard.


Et pourtant.


Un citron bien jaune, une assiette chou, un pichet canard, une feuille vernissée… La barbotine vintage a ce petit quelque chose d’excessif qui la rend immédiatement attachante, drôle, joyeuse. Elle n’a jamais cherché à être discrète, au contraire ! Elle brille, elle relief, elle amuse, elle prend la lumière. Bref, elle fait son numéro… et ça, on adore !


C’est peut-être pour ça qu’elle revient si bien sur les tables d’aujourd’hui. Dans un décor trop sage, elle apporte du relief. Sur une nappe rayée, elle devient presque graphique. Mélangée à des verres anciens, des couverts dorés ou de la vaisselle blanche, elle perd son côté “placard de mamie” et devient franchement désirable, Voire complètement tendance.


J’aime particulièrement la barbotine pour son côté vivant. Rien n’est plat : les feuilles ont des nervures, les fruits ont du grain. C’est décoratif, un peu théâtral et parfois même insolent. Et c’est justement ce qui fait son charme.


Une pièce en barbotine vintage réveille une table : un pichet citron pour l’été, une assiette feuille de chou pour une entrée, une carafe canard de la manufacture de St-Clément pour servir l’eau avec panache … Et vous savez quoi ? il y a peu d’objets qui lancent aussi bien une conversation avec votre voisin de table.


Parce que oui, la barbotine fait parler. Elle intrigue, elle amuse, elle fait sourire. Elle donne envie de demander : “Mais où as-tu trouvé ça ?”


Alors, kitsch la barbotine ?


Oui, peut-être un peu.


Mais le bon kitsch, celui qui a du goût, de la couleur et une vraie présence. Celui qui transforme une table simple en table que l’on remarque, en table unique.


Celui qui raconte quelque chose de votre style, de votre singularité, de votre goût pour les objets qui ne ressemblent pas à ceux de tout le monde.


Alors ici, on valide totalement ce kitsch-là. Et autant vous dire que dès que je vois pointer une belle pièce en barbotine, je la chine à tous les coups.