Certaines décennies se reconnaissent en un coup d’œil. Des formes, des couleurs, des matériaux : les années 70 ont ce côté diva qui ne passe pas inaperçu.
Et comme toute diva, il faut savoir les apprivoiser. Parce qu’un total look seventies, c’est un peu comme Dalida et Demis Roussos dans la même pièce : too much.
Cette période a pourtant adoré tout ce que l’on regarde à nouveau aujourd’hui avec envie : le chrome, le verre fumé, le brun, l’orange, les formes rondes et généreuses et parfois, (beaucoup) de motifs.
Sauf qu’aujourd’hui, les années 70 ne se vivent plus en total look. Notre intérieur n’est pas le musée de la ménagère de 1973.
On en garde le meilleur.
DES FORMES QUI NE CHERCHENT PAS À SE FAIRE OUBLIER
Dans les années 70, les piètements deviennent graphiques, les silhouettes presque sculpturales et les objets ne cherchent surtout pas à être discrets.
Bien au contraire.
Le mobilier peut être bas, rond, enveloppant. Le métal dialogue avec le verre, le plastique côtoie le bois, les matières brillent davantage. On expérimente, on mélange et on ose.
Et c’est probablement l’une des meilleures choses que cette décennie nous ait laissées.
Après des années de minimalisme très sage, cela fait terriblement de bien.
Aujourd’hui encore, il suffit parfois d’une table basse au piètement chromé, d’un fauteuil à la silhouette étrange ou d’une lampe un peu spectaculaire pour réveiller une pièce entière.

ET LE BRUN DANS TOUT ÇA ?
Parlons-en, du brun.
Il a sans doute été le grand mal-aimé de la décoration ces dernières décennies. Jugé vieillot, lourd, triste… Il a été rangé avec les meubles de famille dont personne ne voulait plus.
Et pourtant, ce n’est pas forcément le brun qui vieillit mal. C’est ce qu’on met autour.
Un bois sombre au milieu de murs clairs, un verre ambré sur une nappe contemporaine, un grès, une céramique chocolat associée à du bleu ou un meuble brun près d’une pièce en inox : tout à coup, il reprend de la profondeur.
Je trouve même qu’il apporte quelque chose qui a parfois manqué aux intérieurs très blancs de ces dernières années : du relief et du caractère.

ALORS, QU’EST-CE QU’ON LAISSE AUX ANNÉES 70 ?
Le total look, déjà.
Les ensembles parfaitement coordonnés.
L’accumulation de brun, d’orange et de beige.
Et surtout, surtout, cette idée qu’un intérieur doit forcément appartenir à une époque.
Je préfère infiniment une chaise des années 70 autour d’une table de ferme, un service en grès posé sur une nappe contemporaine ou une petite table chromée à côté d’un fauteuil beaucoup plus classique.

Chiner n’est pas reconstituer.
Le meilleur des années 70 est justement là : cette liberté des formes et ces pièces qui ont suffisamment de caractère pour vivre seules.
Cinquante ans plus tard, certaines paraissent presque plus intéressantes aujourd’hui qu’à l’époque.
Et finalement, c’est peut-être cela qui définit un bon objet : il n’a pas besoin de son époque autour de lui pour continuer à fonctionner.

